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Un Territoire Remarquable

Patrimoine / Patrimoine immergé

(photographies anciennes aimablement prêtées par l'association des Amis de Saint-Victor)

 

La construction du barrage de Grangent a engendré une transformation considérable du territoire. En effet, le secteur des gorges aujourd’hui recouvert par la retenue d’eau était autrefois occupé par des fermes, des hameaux, des aménagements industriels et hôteliers… Si certains de ces bâtiments ont été détruits en 1957 avant la mise en eau, d’autres sont toujours existants et réapparaissent lors des baisses de niveau de la retenue, ramenant pour quelques jours le souvenir de l’époque où le val était habité et exploité.

 

Un petit patrimoine rural ancien presque complètement disparu

Pendant plusieurs siècles, les gorges ont été occupées par de petites exploitations agricoles quasi autosuffisantes et autarciques, en raison des difficultés d’accès. Cet héritage a d’abord été bouleversé au XIXe siècle par les révolutions industrielles successives qui ont eu une influence très forte sur la région stéphanoise, provoquant notamment un fort exode rural au profit des activités minières. Cependant, en 1957, l’activité agricole n’avait pas complètement disparu du territoire, même si fortement réduite. Plusieurs hameaux ont donc dû faire l’objet d’expropriations et de démolitions : Mousset (situé en contrebas de l’actuelle pointe de Condamine), Chamousset (anciennement sur la rive gauche du méandre entre la pointe de Condamine et le port de Saint-Victor, et qui le recouvre aujourd'hui) et la Valette (dont une partie des ruines reste émergée au bord du chemin entre la Noirie et les Révotes).

 

Des aménagements économiques et industriels toujours en partie visibles lors des baisses de niveau de la retenue

Les ressources houillères du bassin stéphanois ont mené à la construction de nombreux aménagements pour le transport du charbon sur la Loire. Au sein des gorges, situé à la confluence de l’Ondaine et de la Loire, le port de la Noirie a été construit au début du XIXe siècle pour faciliter l’acheminement du charbon provenant de Roche-la-Molière et de Firminy. Comme les autres hameaux submergés, il fut détruit en 1957 avant la mise en eau.

En revanche, les ouvrages d’art de l’ancienne ligne de chemin de fer reliant Firminy à Saint-Just, ouverte en 1885 et suivant le tracé des gorges, sont toujours visibles lors de la baisse du niveau de la retenue d’eau : ses viaducs et ses tunnels réapparaissent et sont pour la plupart très bien conservés, ravivant la mémoire du passé industriel des gorges. Certains d’entre eux sont toujours situés dans la zone émergée et sont en partie utilisés par les chemins actuels, notamment au niveau de la Noirie.

Le canal du Forez prenait son départ initial au niveau de Saint-Victor ; la portion située en amont du barrage de Grangent a été engloutie. Une usine électrique ouverte en 1892 était aussi située à proximité de la presqu’île du Châtelet et alimentait l’éclairage public et les passementiers de Saint-Etienne et de Saint-Rambert. Elle fonctionnait tantôt comme centrale hydraulique, tantôt comme centrale thermique. Sa cheminée a longtemps émergé de la retenue d’eau, avant d’être détruite en 1967.

 

Un quartier disparu de Saint-Victor : le quartier de la gare

Développé autour de l’ancienne gare de Saint-Victor, tout un quartier a disparu lors de la mise en eau du barrage. Situé à l’emplacement du port de plaisance actuel, il était doté de plusieurs villas et de plusieurs hôtels-restaurants destinés à une clientèle plus populaire que celle fréquentant le Pertuiset, lieu de villégiature important pour les Stéphanois dès la fin du XIXe siècle – où plusieurs aménagements de loisirs et villas situés en bord de Loire ont d’ailleurs connu le même sort que ceux de Saint-Victor.

 

Les usages du territoire ont donc évolué avec la retenue d’eau de Grangent : si Saint-Victor a profité de ce nouvel espace lacustre pour développer des aménagements de loisir, une grande partie des gorges est redevenue un espace naturel à forte valeur écologique, qui a été protégé par la création de la réserve naturelle en 1988.