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Un Territoire Remarquable

Patrimoine / Hameau des Camaldules

Propriété privée – non visitable

 

Le hameau des Camaldules, connu aussi sous l'appellation de Val-Jésus, tire son nom de la congrégation monastique pour laquelle il fut fondé. En effet, il était à l’origine un ermitage, créé par Vital de Saint Pol (1580-1639), seigneur de Peuchaud, après ceux de Notre-Dame de Grâce et de Vassalieu.

Aujourd’hui situé sur les berges de la Loire, il bénéficiait autrefois de terres assez fertiles, désormais recouvertes par le lac de Grangent, et d’une situation très isolée qui offrait le calme et le silence allant de pair avec la vie des ermites.

 

Les Camaldules, disciples de Saint-Romuald

Qui étaient les Camaldules ? Cet ordre, fondé au Xe siècle par Saint-Romuald, est originaire du monastère de Camaldoli en Toscane. Les moines portaient l’habit blanc et la barbe, et vivaient en ermites dans leur propre cellule, mais partageaient également une vie commune (on parle alors de moines cénobites). Ainsi, ils partageaient les temps de prière et les repas, lors desquels on mangeait notamment du saumon pêché dans le fleuve à proximité – poisson jugé vulgaire au XVIe siècle. On ne sait pas exactement comment cet ordre est arrivé jusqu’aux gorges de la Loire pour s’y installer ; il semble néanmoins que leur développement dans la région date du début du XVIIe siècle, d'abord sous l'impulsion de François de Nérestang, seigneur de Saint-Victor qui fait venir les Camaldules à Grangent, puis favorisé par l’élan religieux de Vital de Saint Pol.

 

Une fondation qui s'inscrit dans un fort développement de l'érémistisme sur le territoire

Vital de Saint-Pol a en effet fondé de très nombreux ermitages dans les environs de Vassalieu, où il est né. Cet élan mystique s’explique par le fait qu’un événement personnel important, vraisemblablement la survie à un accident ou à une maladie, l’aurait conduit à complètement changer de vie. Il aurait reçu une protection de la Vierge, pour laquelle il va faire bâtir Notre-Dame-de-Grâce en remerciement.

Ainsi, il incite au développement religieux dans la région en créant de nombreux ermitages et centres de prière. Si Notre-Dame-de-Grâce apparaît comme sa réalisation principale, il a aussi fondé quatre autres ermitages à proximité directe (trois dans le hameau de Notre-Dame-de-Grâce et un à Vassalieu). Il fait venir à Notre-Dame-de-Grâce en 1610 le Père Ximénès et son compagnon, qui se trouvaient alors à l’ermitage de Grangent. Ceux-ci étaient de l’ordre des Camaldules, et ils résidèrent à Notre-Dame-de-Grâce jusqu’à ce que l’ermitage devienne la résidence de l’ordre des oratoriens en 1620 : Vital de Saint Pol décide alors de fonder un nouvel ermitage au Val-Jésus afin d’y installer les Camaldules, qui s’étaient entre-temps réinstallés à Grangent. Il fait construire à leur intention en 1628 l’église qui subsiste aujourd’hui, avec un campanile de style italien. L’édifice est par ailleurs entouré de bâtiments destinés à héberger les ermites, et l’ensemble permettait d’assurer le service de la chapelle Saint-Roch, bâtie elle aussi par Vital de Saint Pol pour conjurer l’épidémie de peste qui sévissait alors dans la province, et qui devint un lieu de pèlerinage relativement important au XVIIe siècle.

 

Le Val-Jésus connut un incendie au XVIIIe siècle, et seule l’église conserve son état d’origine. L’ermitage restera occupé par les Camaldules jusqu’à la Révolution, durant laquelle le dernier d’entre eux, Dom Jérome, prit le maquis avant d’être capturé et exécuté en 1793. Les biens furent par la suite revendus. L’église fut désaffectée en 1871, et les bâtiments étaient occupés par un fermier. Signalés comme étant en ruines dans les années 30, ils furent par la suite restaurés et remis en valeur. Racheté par EDF lors de la construction du barrage de Grangent, le hameau eut différents propriétaires pour finalement être racheté par des particuliers en 2012. Semblable à un « village miniature » avec son clocher dominant les maisons environnantes, il borde aujourd’hui le lac de Grangent et participe à son charme paysager.