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Un Territoire Remarquable

Patrimoine / Ile et Château de Grangent

Château inscrit aux Monuments Historiques par arrêté du 24 octobre 1945

Propriété privée – non visitable

 

Avant d’être encerclée par la Loire après la mise en eau du barrage en 1957, l’actuelle île de Grangent était un promontoire rocheux haut de 60 mètres, qui dominait les gorges et offrait un point de surveillance idéal sur les environs. Offrant aujourd’hui un panorama pittoresque aux visiteurs, l’île, le château et la chapelle qui s’y trouvent rappellent l’époque où les gorges étaient un axe de passage stratégique entre le Forez et le Velay.

 

Un château pour surveiller l'entrée des gorges…

La première mention du château date de 1173, dans un traité réglant un différend entre le comte du Forez et l’archevêque de Lyon. Il est probable que sa construction soit antérieure, remontant peut-être au XIe siècle. Il semble d’autre part que le rocher ait abrité un poste défensif dès le IXe siècle, en raison de l’insécurité due aux invasions. Les documents écrits nous apprennent que le domaine passa des seigneurs de Lavieu, première maison à détenir la baronnie de Cornillon, à ceux de Feugerolles, et qu’il souffrit de la guerre de Cent ans – le château fut notamment pillé en 1388.

Le donjon mesure aujourd’hui 18 mètres, mais était auparavant doté de créneaux qui ont disparu. La construction est très proche de celle de la tour de Chambles. Ses murs ont 1,60 mètre d’épaisseur et une porte d’accès extérieur se trouve à 3,70 mètres du sol, probablement desservie autrefois par un escalier qui n’existe plus. A l’intérieur, les trois étages sont reliés par une trappe et une ouverture carrée qui étaient accessibles par une échelle ou une corde, afin d’offrir une protection maximale aux défenseurs. Le château est signalé comme étant en ruines dès 1564.

 

… auquel succède un ermitage

La chapelle située en contrebas du château semble avoir été présente dès le XIe siècle, mais elle a subi de très nombreux travaux et modifications. Certains ont émis l’hypothèse qu’elle succédait à un oratoire, qui aurait lui-même été érigé sur un lieu de culte païen beaucoup plus ancien.

A l’origine occupée par des Bénédictins, elle est ravagée à la fin du XVIe siècle lors des guerres de religion. Elle est restaurée vers 1600 et devient l’élément d’activité principal du site lorsque les ermites de l’ordre des Camaldules, disciples de Saint-Romuald, s’y installent. Le père Ximenès y arrive dès 1608 avec un compagnon ; ils sont cinq à occuper l’ermitage au cours des décennies suivantes. Ils logeaient dans un avant-corps contre la chapelle, doté d’un étage. La salle carrée du rez-de-chaussée était encadrée de deux petites cellules dotées d’une fenêtre très étroite, et le tout était fermé par une porte blindée en fer avec un judas. Ils recevaient leur nourriture et entendaient la messe par une ouverture très étroite dans un mur du bâtiment. L’ermitage était par ailleurs doté d’un jardin clos de 600m² et d’un petit bâtiment dans le vallon qui abritait la remise, la cave et l’écurie.

En 1667, il ne reste plus qu’un seul ermite et les messes sont célébrées au Val-Jésus, dans l’actuel hameau des Camaldules. Le dernier gardien de Grangent meurt en 1796 à l’âge de 88 ans, et les bâtiments sont vendus comme biens nationaux. Le château et l’ermitage sont aujourd’hui une propriété privée et ne sont pas visitables ; ils symbolisent malgré tout le riche passé de la région et trônent toujours avec fierté au-dessus du fleuve devenu lac.

 

(Carte postale ancienne aimablement prêtée par l'association des Amis de Saint-Victor)