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Un Territoire Remarquable

Patrimoine / Saint-Just-Saint-Rambert

Porte « de Franchise » inscrite aux Monuments Historiques par arrêté du 9 août 1929

Chapelle Saint-Jean inscrite aux Monuments Historiques par arrêté du 2 novembre 1972

Comme son nom le laisse deviner, la commune de Saint-Just-Saint-Rambert a longtemps été composée de deux villages distincts, qui n’ont été réunis administrativement qu’en 1973. Leur évolution historique est différente et mérite qu’on s’y attarde.

Saint-Rambert, de la cité antique à la ville médiévale

Saint-Rambert a l’origine la plus ancienne : son prieuré, dépendant de l’Ile-Barbe (vers Lyon), est mentionné dès le Xe siècle ; mais les vestiges d’un temple gallo-romain intégrés à la façade de l’église actuelle (XIe-XIIe siècles) révèlent la préexistence d’une petite cité antique, Occiacum. La ville possédait probablement déjà un port sur la Loire à l’époque gauloise, mais son développement fut beaucoup plus tardif, et en lien avec l’essor de l’exploitation du charbon dans le bassin stéphanois.

Le prieuré prospère à partir du XIIe siècle, lorsqu’il récupère les reliques de Saint Rambert, assassiné en 675. Les ossements de celui-ci auraient été acheminés depuis Saint-Rambert-en-Bugey (Ain) entre 1080 et 1160, dans une chasuble en soie brochée avec des filigranes d’or (aujourd’hui conservée au musée des civilisations de Saint-Rambert). Peu après, en 1198, le comte de Forez crée à Saint-Rambert un marché florissant, notamment grâce aux nombreux axes de communication qui traversent la ville, et qui va permettre le développement de celle-ci. Déjà en partie protégée par le prieuré construit sur une butte à la manière d’une forteresse, elle sera encerclée par un deuxième rempart au XIIIe siècle lors de la guerre de Cent Ans.

Un des atouts principaux de Saint-Rambert au Moyen-âge réside dans la présence d’un pont en bois sur la Loire, signalé dès 1258 : c’est à l’époque le seul pont sur le fleuve dans le Forez central et méridional, et son péage est source de revenus importants. Les habitants de Saint-Rambert en sont cependant dispensés à partir de 1264 : cette gratuité va favoriser le développement de la « ville neuve du pont de Saint-Rambert » sur la rive droite, qui est à l’origine de la ville de Saint-Just.

Saint-Just, un essor en lien direct avec la Loire

Si le village de Saint-Just est cité dès le XIe siècle, sur un emplacement probablement légèrement différent de celui du bourg actuel, il ne connaîtra d’essor réel qu’au XVIIIe siècle grâce à la batellerie. En effet, cette période représente le début du développement industriel du Forez, et la Loire permet l’acheminement de textiles, d’armurerie, de quincaillerie, de denrées alimentaires et de charbon vers Orléans, Nantes et Paris. Roanne a pendant longtemps été le port le plus important de la région, la Loire étant difficilement navigable en amont. Au tout début du XVIIIe, le fleuve est donc aménagé afin de désenclaver le Forez et la région stéphanoise. En 1704, une route est ouverte entre Saint-Etienne et le port de Saint-Just, depuis lequel on embarquait les marchandises sur de larges embarcations à fond plat, connues sous le nom de « sapines » ou de « rambertes ». Ces embarcations étant démontées à l’arrivée, des ateliers de construction s’installèrent sur la rive gauche afin d’assurer leur production.

L’amélioration des routes terrestres et le développement du chemin de fer à la fin du XIXe mirent fin à cette activité de batellerie, qui marqua cependant les activités de Saint-Just pendant presque deux siècles.

Aujourd’hui encore, la marque de ces développements successifs et différents est bien visible dans le paysage de la commune : l’ancien secteur de Saint-Rambert est toujours marqué par le maraîchage, tandis que celui de Saint-Just est très urbanisé et tourné vers les activités industrielles ; la verrerie en bord de Loire (construite en 1826) en est un bon témoin. L’activité de passementerie a cependant été présente dans les deux bourgs, dont les ateliers étaient aménagés dans des maisons particulières toujours reconnaissables à leurs grandes baies vitrées éclairant deux étages.